Le Trouble Panique : Comprendre et vaincre la peur d'avoir peur

← Retour aux publications

Ceux qui ont déjà vécu une attaque de panique décrivent souvent l'expérience comme l'une des plus terrifiantes de leur vie. Le cœur s'emballe, la respiration se bloque, des sueurs froides apparaissent, les jambes tremblent, accompagnées parfois d'une sensation d'irréalité. Sur le moment, la certitude est absolue : "Je fais une crise cardiaque", "Je vais m'évanouir", "Je suis en train de devenir fou", "Je vais mourir".

Pourtant, d'un point de vue médical, l'attaque de panique est totalement inoffensive. C'est simplement le système d'alarme de survie de notre corps (le fameux "combat ou fuite") qui se déclenche à pleine puissance, mais en l'absence de tout danger réel.

De l'attaque au trouble panique

Il est possible de faire une seule attaque de panique dans sa vie (à l'occasion d'une grande fatigue ou d'un stress intense) sans que cela ne laisse de traces. On parle de "Trouble Panique" lorsque ces crises se répètent de manière inattendue et, surtout, lorsqu'elles engendrent ce qu'on appelle "l'anxiété d'anticipation".

L'anxiété d'anticipation, c'est **la peur d'avoir peur**. La personne commence à scanner en permanence son corps à la recherche du moindre signe (un cœur qui bat un peu plus vite, un léger vertige) et vit dans la terreur qu'une nouvelle crise survienne.

Le piège de l'évitement (Agoraphobie)

Pour se protéger de ces crises terrifiantes, la personne commence très souvent à éviter les situations où la crise s'est déclenchée, ou les lieux d'où il serait difficile de s'échapper ou d'obtenir de l'aide en cas de malaise. C'est la naissance de l'agoraphobie.

On cesse de prendre le train, d'aller dans les centres commerciaux, de conduire sur l'autoroute, de faire la queue au supermarché, voire de sortir seul de chez soi. Le monde se rétrécit à vue d'œil. Paradoxalement, plus on évite, plus on confirme au cerveau que ces endroits étaient dangereux, et plus la peur grandit.

L'approche thérapeutique : Casser le cercle vicieux

La Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC) est l'outil le plus puissant pour traiter le trouble panique et l'agoraphobie. Elle agit sur plusieurs fronts :

En conclusion

Le trouble panique est extrêmement éprouvant, mais c'est également l'un des troubles anxieux qui répond le mieux et le plus rapidement à la psychothérapie. Il n'est pas une fatalité. Apprendre à traverser l'attaque de panique plutôt que de la fuir est le chemin pour la désamorcer définitivement. Avec un accompagnement adéquat, il est tout à fait possible de retrouver un quotidien apaisé et libre.